Livre instabilité d'épaule

Tout savoir sur

L’instabilité d’épaule

Pourquoi vous, patient ou futur opéré, vous devez vous informer ? Il s’agit de vous et de votre épaule.

Vous êtes acteur de votre chirurgie

Vous serez le seul présent du début à la fin du parcours de soins, de A à Z et au-delà c’est vous qui devrez vivre avec. En d’autres termes, vous devez adhérer au projet, faire partie de l’équipe chirurgicale. Pour être à l’aise au sein de cette équipe, il est essentiel de vous informer, de vous donner les clefs pour communiquer au mieux avec les soignants.

Pourquoi ai-je besoin d’une chirurgie de la stabilisation de mon épaule ?

La chirurgie de stabilisation de l’épaule est le plus souvent proposée pour traiter des luxations
(déboitement ou perte de contact entre les surfaces articulaires) récidivantes. La luxation
récidivante de l’épaule est définie par la survenue de deux luxations de l’épaule ou plus au
cours de la vie.
Plus rarement, la chirurgie est proposée après un seul épisode de luxation si celui-ci est associé
à d’importantes lésions osseuses, ou s’il s’agit d’un patient pratiquant un sport à risque ou à
haut niveau.
Attention, il existe toutefois le cas particulier de la luxation après 40 ans qui s’accompagne d’une
lésion de la coiffe des rotateurs, dans un cas sur deux, qui justifie également une opération
pour réparer les tendons rompus (cf livret « ma coiffe des rotateurs & moi »).
Afin d’aider le chirurgien dans sa prise de décision, des scores pronostiques (score ISIS) peuvent
être utilisés pour définir le risque potentiel de récidive de la luxation ?

Les traitements chirurgicaux

Il s’agit de choisir parmi les différentes techniques existantes celles qui seront le plus adaptées à votre situation. Le chirurgien va corriger les lésions morphologiques constatées lors du bilan d’imagerie. Ainsi, le chirurgien peut décider d’agir isolément sur le bourrelet glénoïdien, une lésion osseuse sur la glène ou sur l’humérus ou combiner plusieurs gestes dans le même temps opératoire s’il le souhaite, réalisant ainsi un véritable traitement à la carte. Le but est d’adapter le traitement à la lésion.
Les principaux gestes réalisés :

bankart

L’opération de « Bankart »
Consiste à réparer le bourrelet glénoïdien. On réalise le plus souvent une retension de la capsule articulaire dans le même temps. Pour ce faire, on utilise des ancres avec ou sans nœuds selon les préférences du chirurgien.

hill sachs

Le Hill Sachs Remplissage
Il s’agit d’une opération visant à remplir l’encoche osseuse à la partie postérieure de l’humérus avec le muscle le sous-épineux pour éviter la luxation. Lorsque ce geste est associé au Bankart, on parle de « verrouillage bipolaire ».

latarjet

La butée coracoïdienne selon Latarjet
Il s’agit de la butée la plus fréquente. Le principe est de placer un bloc osseux à la partie antérieure et inférieure de la glène pour fermer le passage à la migration de la tête humérale. Il faut s’imaginer une tête d’escargot qui, percevant un danger, retourne dans sa coquille. La butée agit davantage ainsi que par un effet d’obstacle mécanique. Dans cette technique, une partie de la coracoïde est prélevée avec le tendon conjoint qui s’insère à son extrémité puis positionnée en avant de la glène. Cette chirurgie peut être réalisée en faisant une petite cicatrice ou sous arthroscopie, la butée peut être fixée par des vis ou des boutons métalliques, en fonction de l’habitude et de la préférence de votre chirurgien.

Est-ce que je vais pouvoir faire du sport ?

L’activité physique ou sportive est bonne pour vous. Le curseur des interdits a beaucoup changé depuis quelques années. Pour plusieurs raisons, la pratique du sport est bonne pour :

  • Votre fonction cardio-respiratoire.
  • Votre bien-être avec la sécrétion de substances euphorisantes (endorphines).
  • La proprioception.
  • Renforcer la force musculaire du membre opéré. En effet, de bons muscles sont capables d’absorber des impacts et agissent comme des ressorts.

Trois éléments sont aussi à prendre en charge dans les recommandations formulées :

  1. Un patient performant dans un sport est plus à même de reprendre son activité qu’un patient qui découvre un sport.
  2. Peu de patients suivent les recommandations de leur chirurgien.
  3. Les sports recommandés, tolérés ou prohibés par le chirurgien évoluent avec le temps et sont mêmes parfois influencés par la propre pratique sportive du chirurgien.

Ce sont toutes ces données qui vont permettre des recommandations individualisées, car chaque patient est différent en termes de demande fonctionnelle. Encore une fois, dans la majorité des cas, le sport sans armé et sans contact est autorisé à partir de 3 mois, les sports contacts et armés à partir de 6 mois. En fait, après ce type de chirurgie, dans 80 à 90% des cas, vous retrouverez une fonction autorisant la pratique de tous les sports sans restriction y compris le tennis, le handball ou le rugby par exemple. Ensuite, il vous faut envisager le plaisir que vous procure le sport, l’incidence sur votre santé mais aussi les risques encourus à court et long terme. Le chirugien vous conseille mais bien sûr il s’agit de votre épaule. Ainsi il s’agit d’un choix de vie. C’est bien informé que vous pourrez au mieux assumer vos décisions. Ainsi un professionnel du sport a pour objectif de reprendre toutes ses activités sportives et le rôle du chirurgien est bien de l’accompagner dans cette quête.