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Quand faire une l’ostéotomie ?

Non, on ne va pas vous casser le tibia ! L’ostéotomie de réorientation, pratiquée autour du genou soit à la partie distale du fémur, soit à la partie proximale du tibia modifie l’axe du membre inférieur. Elle consiste à fragiliser l’os afin de pouvoir modifier son orientation puis à le fixer (ostéosynthèse) avec un matériel rigide dans cette nouvelle position. Cette fixation joue un rôle essentiel à la période initiale. L’os fragilisé consolide après plusieurs semaines et retrouve au cours des mois suivants de bonnes qualités mécaniques.

L’ostéotomie est envisagée chez les sujets plutôt jeunes et souvent actifs.

Il est rare de discuter une ostéotomie chez un sujet de plus de 60 ans et très rare au delà̀ de 70 ans. Les symptômes qui conduisent à discuter une ostéotomie sont le plus souvent ceux d’une arthrose au début. Elle se manifeste par des douleurs et des épanchements articulaires qui évoluent par crises entrecoupées de périodes de rémission (accalmie). Les médications, injections intra articulaires, perte de poids et adaptation des activités physiques permettent souvent de juguler les crises. La rééducation prévient ou retarde les nouvelles crises.

Mais avec le temps, le traitement « conservateur » est de moins en moins efficace. Les crises articulaires se font plus fréquentes et plus longues tandis que les périodes de rémission se font plus rares et plus courtes. Les douleurs désormais plus difficiles à contrôler et la limitation des activités possibles font discuter un traitement chirurgical. Les radiographies permettent de préciser la nature de l’arthrose mais aussi sa sévérité radiologique. Mais attention : une arthrose très évoluée sur les radiographies ne s’accompagne pas toujours de douleurs invalidantes et inversement, des douleurs insupportables sont parfois rapportées alors que l’aspect radiologique inquiète peu. Il existe donc parfois une dissociation radio-clinique. Une autre façon de l’exprimer, chère aux chirurgiens, est bien de dire que l’on n’opère pas des radiographies mais bien un patient qui se plaint.

bénéfices ostéotomie

L’aspect morphologique entre en compte.

Parfois cependant, alors que les symptômes sont encore modestes, l’aspect morphologique avec une déformation clinique de l’axe du membre ou bien une aggravation de l’aspect radiologique peuvent orienter vers une décision chirurgicale avant que le stade de l’ostéotomie ne soit dépassé. C’est pourquoi la décision, si elle doit intégrer en priorité le gène du patient, ne doit pas négliger les constatations anatomiques faites lors de l’examen clinique et du bilan radiographique. Dans ce cas, il ne s’agit pas de votre seule acceptation des douleurs ou de la situation. Le conseil de votre chirurgien est important.

L’ostéotomie dans le sport.

En chirurgie du sport, l’ostéotomie a permis de repousser les limites de la chirurgie réparatrice. Ainsi parfois, le but n’est-il pas de transférer les forces d’un compartiment vers l’autre mais plutôt de réduire les forces dans le compartiment réparé. Ainsi une greffe du LCA, une réparation cartilagineuse, une greffe méniscale peuvent être protégées par une ostéotomie concomitante (au cours de la même intervention) de « protection ». La correction de l’alignement, apportée lors de l’intervention est plus nuancée chez les sportifs. Il en est de même lorsque le patient présente une déformation constitutionnelle excessive avec des douleurs et un aspect inesthétique. L’atteinte est souvent bilatérale. Le traitement concerne les deux genoux. Elle est parfois réalisée des deux cotés au cours de la même opération.