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Que va-t-il m’arriver si le ligament croisé antérieur n’est pas reconstruit ?
C‘est l’évolution (histoire naturelle) de la rupture du LCA, le ligament croisé antérieur. Laissez-nous vous raconter ce que l’on observe dans 80% des cas.

1. Lors de l’accident initial (le premier traumatisme sur le genou)
9 fois sur 10, il survient pendant une activité sportive, au cours d’une torsion du genou ou lors de la réception d’un saut, le patient ressent un craquement (« la corde de guitare qui casse »), une douleur d’intensité variable interdisant parfois même l’appui ou le mouvement. Le patient a du mal à prendre appui, n’a plus confiance en son genou. Parfois même son genou se dérobe. Le genou gonfle dans les minutes ou heures qui suivent. L’application de glace, la prise d’antalgiques, d’anti-inflammatoires soulagent le blessé. L’immobilisation par une attelle, la marche protégée par des cannes initialement nécessaires sont abandonnées dans les jours suivants surtout si une rééducation douce et une mobilisation du genou ont été entreprises. Le patient se réadapte assez rapidement, conduit après 10 à 15 jours et retourne à ses activités professionnelles. Cette période post traumatique où le genou est souvent peu mobile, douloureux, gonflé, est peu propice à la chirurgie.
2. Les mois ou années qui suivent.
Quelques mois ou années plus tard, vous pouvez décider de reprendre des activités sportives temporairement abandonnées. Sur un traumatisme souvent mineur se produit un nouvel accident d’instabilité. C’est l’accident traumatique secondaire. C’est à cette occasion que le ménisque interne, devenu le principal frein aux mouvements anormaux, peut se déchirer. C’est le tournant évolutif de l’histoire naturelle car la laxité est aggravée. Si vous présentez des symptômes alors que le ligament croisé antérieur est rompu et le ménisque interne lésé, alors le traitement est plus difficile. D’autres lesions survenues lors de ces accidents d’instabilité peuvent aussi intéresser le ménisque externe ou le cartilage articulaire. C’est pour cela qu’il est préférable d’envisager, lorsqu’elle est indiquée, la reconstruction du ligament croisé antérieur avant le 9ème mois, avant que le risque d’accidents traumatiques secondaires ne devienne élevé.
3. Vingt à trente ans plus tard.
Lorsque vous vous déplacez, à chaque pas il existe un mouvement de translation antérieure du tibia suivi de la réduction de celui-ci. Ces mouvements de cisaillements répétés finissent par altérer le cartilage, en particulier et de façon prédominante dans le compartiment interne du genou. L’arthrose gagne progressivement les autres compartiments.
C‘est la connaissance de cette histoire naturelle qui conduit le chirurgien à vous proposer de reconstruire le LCA ni trop tôt, ni trop tardivement, dans une fenêtre favorable qui se situe schématiquement entre 6 semaines et 9 mois après l’accident initial.